Dimanche 27 septembre 2009
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Est-ce que tu
continues de lire autant qu'avant ?
Jim Morrison : Non, pas autant que j'en avait l'habitude. Je ne suis pas un écrivain très prolifique non plus. Comme quand, il y a de
cela quelque temps, je vivais dans cet immeuble de bureaux abandonné, dormant sur le toit, tu connais l'histoire. [Rires.] Brusquement, je me suis mis à jeter tous mes carnets, tout ceux que je
conservais depuis le lycée, et je repense parfois à toutes ces chansons. Quelque chose sur la lune, enfin je ne sais plus. Eh bien, il fallait que je couche les mots sur le papier aussi vite que je
le pouvais de façon à ne pas perdre la mélodie. Tu sais, beaucoup de gens ne le savent pas, mais j'ai écrit de nombreuses mélodies aussi, et plus tard, tout ce qui restait, c'étaient les mots, et
une vague idée. A cette époque-là, quand j'entendais une chanson, je voyais un spectacle entier. Il y avait tout, tu vois, le public, le groupe, et le chanteur. Tout. C'était comme une anticipation
du futur. Tout était déjà là.
Comment t'es venue l'idée de la fin de The End ? Est-ce que l'histoire du Whiskey a Go-Go est vraie ?
Jim Morrison : J'avais cette formule magique, c'était comme d'entrer dans son subconscient. J'étais étaendu là et je répétais : " Baise la
mère. Tue le père. Baise la mère. Tue le père." Tu finis vraiment par entrer dans ta tête en répétant sans cesse cette formule. Simplement en répétant ce truc...Ce mantra ne perd jamais son sens.
Il est trop fondamental, jamais tu ne reviens aux mots eux-mêmes, parce qu'aussi longtemps que tu les prononces, tu restes conscient. Tout est là.
Le public du Whiskey a été vraiment choqué quand tu as dit ça. As-tu jamais eu l'impression de faire partie du public comme pour la première fois où tu est descendu dans la salle et que tu as
été bousculé et tout ça ?
Jim Morrison : Je ne sentais pas les choses de cette façon. Je crois que le jour où cela arrivera, tout sera fini. La fin. Où irais-tu à
partir de là ? Si tout le monde, ne serait-ce qu'une seconde, formait un tout unique. Non, je ne crois pas que cela puisse jamais arriver, pas comme je vois les choses. Les gens qui assistent à mes
concerts...ça leurs fait quelque chose généralement. C'est comme de dire d'abord que tu es le public et que nous, nous sommes là-haut, toi, tu es en bas. Puis, tout d'un coup, te voilà, et tu est
là tout comme nous..."Tu es comme nous" : quand ils ont ce sentiment, toutes les barrières tombent et c'est une chose que j'aime.
Par James Phoenix
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